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lundi 13 juin 2011

On my way back...

Un dernier article est toujours un moment particulier. Qu'on repousse, qu'on redoute, qu'on attend. Si j'ai déjà du me livrer à cet exercice ici, j'ai largement procrastiné pour la rédaction de mon dernier billet sur ce blog.

Cela fait presque 6 mois que j'ai quitté Lausanne pour rentrer en Belgique, à Bruxelles plus précisement. Un peu plus longtemps que je n'ai plus posté ici...

De nouvelles aventures se profilent après deux ans et demi passés à Lausanne. Le retour en Belgique est plaisant, même si le départ helvétique ne fut pas simple! J'ai en tout cas un nouveau terrain de jeu ici : Bruxelles. Une ville entière à découvrir, plein d'explorations urbaines réalisées et à réaliser. Je me régale.

Je ne pense pas raconter mes aventures bruxelloises ici. C'était en tout cas un plaisir de prendre la plume pendant mon séjour en Suisse, et je suis très satisfait du résultat du blog, de vos commentaires et des liens virtuels qui se sont tissés. Je garde d'ailleurs précieusement les liens des autres blogs que je continue à aller voir régulièrement...

Et pour la route, voici mes dernières photos prises à Lausanne (près de la gare, évidemment) et les premiers clichés bruxellois!





Premières explorations bruxelloises...

Vallée du Maelbeek depuis l'avenue de la Couronne

Forêt de Soignes

Étang de Boitsfort

Château Charle-Albert à Boitsfort

Cité-jardin du Foyer Etterbeekois

Gare du Nord

Station Arts-Loi






Place Flagey (Ixelles)

Rue de Vergnies (Ixelles)

Mont des Arts

mardi 6 octobre 2009

Petite histoire de presse belgo-suisse

Article paru le 30/09/2009 sur le LausanneBondyBlog.

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Vendredi dernier, une discussion houleuse a eu lieu sur le site internet du journal belge francophone Le Soir. Intervenants : des belges, supporters de Justine Henin et… un suisse, journaliste au Temps. Décryptage.


Chronologie de l’affaire, qui s’est déroulée la semaine dernière en trois temps.

Temps 1 : l’annonce en fanfare, mardi 22 octobre. Justine Henin, joueuse de tennis belge de 27 ans, annonce sur retour sur les courts. Elle avait surpris tout le monde en se retirant un an et demi auparavant, mettant un terme à une courte carrière au palmarès impressionnant : 41 titres, 7 victoires en Grand Chelem dont 4 à Roland-Garros, no 1 mondiale, médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, etc. La championne déclare avoir perdu l’envie de jouer et affirme qu’elle ne reviendra pas. L’annonce de son retour, mardi passé, en fut d’autant plus surprenante. La presse s’est littéralement jetée sur l’information et l’a relayée abondamment. Il faut dire que Justine, tout autant bussiness-woman que sportive, avait mis les petits plats dans les grands. Elle avait créé un évènement médiatique à la hauteur de son talent tennistique, en s’invitant sur le plateau de l’une des deux grandes chaînes francophones belges, RTL-TVI. Cela faisait comme un communiqué royal, avec plus d’audience. Rien d’étonnant : en Belgique, Justine Henin est l’une des grandes sportives de ces dernières années, avec Kim Clijsters (au come-back récent elle aussi) et Tia Hellebaut (athlétisme). Pour le reste, comme en Suisse, il ne faut pas compter sur l’équipe nationale de football pour faire rêver les Belges… Bref, toute la presse belge était en émoi. Pour vous faire une idée, imaginez l’effet qu’aurait en Suisse l’annonce de l’arrêt à la compétition de Federer…

Temps 2 : l’article incendiaire, mercredi 23 octobre. La presse internationale saisit l’info et la diffuse. La Suisse n’est pas en reste : au Temps, un article est publié dans l’édition du jour. Signé par Christian Despont, journaliste sportif, il est intitulé : « Tiens, revoilà Justine Henin… ». Son contenu est pour le moins iconoclaste : l’auteur rappelle le divorce de la joueuse, relate des suspicions de dopage et décrit une femme « solitaire et désœuvrée » qui a « erré dans tous les lieux communs de l’existence ». L’article entend faire le portrait d’Henin, sans rien cacher, en tentant de saisir la complexité du personnage.

Temps 3 : le chat houleux, vendredi 25 octobre. La presse belge ne rate pas l’article, et le diffuse. « Voilà une vision toute particulière de notre championne ! » Les réactions des lecteurs sont directes. Elles sont si nombreuses que le Soir voit là une occasion de prolonger le « buzz ». Et pour ce faire, quoi de mieux qu’un chat avec l’auteur de l’article ? Cela promet du virulent, du tendu, de l’émotionnel, bref, tout ce qu’on aime. Pendant une heure, partisants et opposants de la joueuse ou tout simplement personnes neutres, se sont adressés au journaliste du Temps. Au final, on n'y apprend pas grand-chose : le but était de faire un portrait de la joueuse, il n’y avait pas d’objectivité possible, il n’a pas été prouvé qu’Henin se dopait, etc.

Alors, que retenir de tout cela ? Il faut bien le concéder, l’affaire n’est pas des plus essentielles. Pendant ce temps-là, les dirigeants de ce monde étaient réunis à New York pour discuter de l’avenir de notre planète, en préparation de la prochaine Conférence sur le climat à Copenhague. Mais le caractère belgo-suisse de ce pet médiatico-médiatique m’a fait sourire… l’occasion était trop belle, je ne pouvais la laisser passer !
Gardons tout d’abord bien à l’esprit le statut de ces quelques lignes : l’article que vous êtes en train de lire est un commentaire sur des réactions de lecteurs suite à un article écrit par un journaliste suisse sur le retour de Justine Henin à la répétition… Ceci étant dit, il semble que le journaliste suisse a profité de sa distance pour présenter la joueuse sans ambages, ce dont la presse belge généraliste n’est pas capable. Ce week-end, le battage médiatique était toujours en cours. Tout le monde officie à la grand-messe médiatique du moment, et peu de monde peut se permettre de critiquer franchement, ce qui reviendrait à se tirer une balle dans le pied.

Peu importe si les arguments de Christian Despont sont justes. Ce qui est intéressant, c’est que le Soir a réussi à le récupérer pour faire durer le buzz plus longtemps. « Contre Justine ? Ok, pourvu qu’on en parle ! ». Et le pari fut gagnant : vendredi, sur le site internet du quotidien, le chat était annoncé dans les gros titres, et l’audience était au rendez-vous, ne fût-ce que les nombreuses personnes qui ont participé pendant une heure au débat… Votre serviteur contribue d’ailleurs lui-même à alimenter ce buzz, en écrivant ces lignes. De l’info sur l’info sur l’info… Si l’avenir du monde n’est pas ici en jeu, la situation illustre néanmoins les nouveaux moyens de faire presse : toute cette saga s’est déroulée sur les sites internet des quotidiens, et la mise en place si rapide d’un débat sous forme de chat n’a été possible que parce que tout se faisait en ligne.

Bon, tout ce qu’il faut espérer du point du vue du supporter neutre, c’est qu’Henin revienne bien et développe un beau jeu. Il faut espérer, également, que ce retour ne fera pas baisser sa cote de popularité plus qu’autre chose. Car le show médiatique que la Rochefortoise a orchestré en a fait jaser plus d’un en Belgique (il aurait peut-être été considéré plus légitime de la part d’une Serena Williams outre-Atlantique). Il a renforcé l’image de la joueuse comme une femme d’affaire pour laquelle le tennis c’est (aussi) du business. Espérons aussi, finalement, que l’affaire ne ternira pas les relations diplomatiques entre Berne et Bruxelles. Entre deux petits pays champions de tennis et zéros en foot, il faut se serrer les coudes ! Rassurons-nous : aussi réussi que sera son retour, Justine ne pourra théoriquement jamais battre Roger… ouf.
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mercredi 24 juin 2009

Je consomme, donc j'ai le look (coco)

Arriver dans un nouveau pays, c'est nécessairement être confronté à de nouvelles enseignes. Il est où mon Colruyt, je ne le trouve plus, je suis perdu... En Suisse, je n'ai pas vu de Delhaize, de Carrefour, d'Aldi, de Lidl. Par contre, j'ai vu des Migros et des Coop (partout partout), des Denner, des Manor.

Il y aurait beaucoup à dire sur les deux géants du marché de l'alimentaire en Suisse, Migros et Coop. On apprendrait ainsi que la Migros ne vend pas d'alcool, traduisant la philosophie de son fondateur ; on découvrirait que la Coop était à la base une coopérative, apparemment un modèle du genre. Ce qui m'intrigue personnellement, c'est la position de monopole que les deux enseignes ont ; elles sont présentes partout, et la concurrence semble absente. C'est comme si, en Suisse, le nombre de chaînes de supermarchés était inversement proportionnel au nombre de banques...

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Manor. Il s'agit d'une chaîne qui vend des vêtements, des meubles, de la papeterie, de la nourriture, des couettes, des rideaux, des bijoux, du parfum, des cotons-tiges, des jouets, des actions Fortis,... bref, de tout. À Lausanne, dans le grand Manor qui fait sept étages, il y a en plus au sous-sol un Manor Food, qui propose tous les bons produits que la Migros ou la Coop proposent, mais en mieux achalandé et servi par des stewards plus beaux. Les oeufs sont ainsi disposés sur un lit de vraie fausse paille dans un panier, on a le sentiment que les poules sont venues les pondre dans le magasin pendant la nuit, c'est magique.

Au centre de ce monde idyllique, il y a un slogan :


Je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec un autre slogan, d'une chaîne belge de distribution, Delhaize :


Et je dois dire que maintenant, je suis rassuré. Avant, en Belgique, je n'étais pas bien, j'étais hésitant. Je ne savais pas quoi faire de ma vie, je ne savais pas quoi manger, quels produits acheter. J'étais engoncé dans les conventions sociales, tétanisé par les attentes que la famille, les amis, les profs avaient vis-à-vis de moi. Je voulais m'en défaire et m'affirmer, mais je n'y arrivais pas. Cela minait mon existence. Je me réveillais en sursaut pendant la nuit, en sueur, en doutant profondément des choix que j'avais à poser. J'errais dans les rues, perdu, à la recherche d'un sens.

Et puis, un jour, je suis rentré dans un Delhaize, et là, ce fut le choc. Cette phrase, affichée en grand, cette injonction : "Vivez comme vous voulez". Dès cet instant, j'ai su que je ne serais plus le même. Ma vision du monde a basculé, je me suis senti libéré d'un poids. Avant, on me disait : "fais ci", "va là", "apprends ci", "ne dis pas ça". Là, pour la première fois, quelqu'un m'enjoignait de penser par moi-même et à faire ce que bon me semblait. Une révolution copernicienne, ni plus ni moins.

J'ai fait ni une, ni deux : je me suis précipité dans les rayons et je me suis acheté deux boîtes de Mélo-cakes, que j'ai goulûment englouties sur le parking devant le magasin. Un vieux rêve d'enfant.

J'étais alors un homme heureux, épanoui, qui avait la chance de pouvoir déployer son mode de vie sans entrave, grâce à toutes les bonnes choses que propose Delhaize.

Puis je suis arrivé en Suisse. Et là, je suis retombé dans les affres de l'incertitude. Disparus, les Delhaize! Il m'était impossible de vivre comme je voulais!

J'étais au plus mal. L'âme en peine, je me morfondais à la Migros ou la Coop. J'avais le sentiment d'être redevenu fade et commun.

C'est à ce moment-là que j'ai eu la deuxième révélation de ma vie. Je suis entré par hasard dans le Manor, et j'ai vu le Slogan. "Donnons du style à la vie"... oui! C'est cela même! Quelle classe, quel look j'ai, en achetant mes kiwis chez Manor! Un vrai caïd, vous devriez me voir. Maintenant je me trimbale dans la rue, le pas assuré, le visage haut, sûr d'être cool. Aucune comparaison avec la morne existence que je menais précédemment! Pfiu! Maintenant je peux le dire, je n'avais aucun goût à l'époque.

Aujourd'hui, je veux remercier Delhaize et Manor. Par deux fois, vous m'avez tendu la main alors que j'étais à un moment creux de ma vie, et vous m'avez relevé. Recevez ici toute ma reconnaissance. Alléluia! Chantons mes frères, chantons les louanges! ALLELUIA!!
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dimanche 19 avril 2009

La Belgique est un pays de sauces

C'est bien connu, les voyages décentrent le voyageur et lui font découvrir, paradoxalement, son pays (alors qu'il se trouve dans un autre) (d'où le paradoxe, c'est bien ça). Il se rend compte alors que certaines manières de faire qui lui semblaient naturelles et universelles sont en fait propres à chez lui (ainsi le vocabulaire, sujet plusieurs fois abordé).

Je ne vous apprends pas grand-chose en énonçant ce lieu commun. Mais cela me permet d'introduire le post qui suit.

Vous avez peut-être une idée, avec le titre ci-dessus, de la spécificité belge qui nous intéresse aujourd'hui. J'avais déjà pressenti le constat que je vais vous présenter lors de mon séjour en Suède. Là, on me dit un jour avec dégoût : "oui mais vous, en Belgique, vous mangez ce truc blanc, la "mayonnaise", et vous trempez les frites dedans!". Hé oui, on mange de la mayonnaise [mais au moins, chez nous, le popcorn est sucré (et tac), comme Dieu l'a créé au Commencement, pensai-je tout bas][remarque à éviter en Suisse, cependant, si vous ne voulez pas froisser les autochtones, il paraît que l'on consomme aussi du popcorn salé ici]. Ceci peut vous sembler n'être qu'une anecdote, mais essayez de trouver de la mayonnaise dans un MacDo en Suède... impossible. Seulement du ketchup.

Bon. Donc les Belges mangent de la mayo. Fort bien. Mais ils ne sont pas les seuls, nos voisins français aussi, à ce que je sache. Où est la spécifité, alors?

Hé bien, il semble bien que le Belge a une CULTURE de la sauce. Je m'explique. Les frites, par exemple. En Suisse, quand tu prends des frites (il n'y a pas de friteries, alors disons dans un Kebab), il n'y a pas 36 sauces à mettre dessus. Généralement, mayonnaise et ketchup. Je pense du moins (Anne ou quelqu'un d'autre, si je me trompe, vous me corrigez). Il y a donc une culture PAUVRE de la sauce, ou pas de culture de la sauce tout court. En Belgique, en revanche, il y a pléthore de choix, c'est ça qui est drôle. La preuve? Voici le panneau de commande de l'une des friteries près de chez moi.

En vert, vous avez le choix de sauces, c'est assez explicite je pense. Personnellement, j'ai un petit faible pour l'andalouse, la samouraï et la brasil (qui ne se trouve pas sur ce panneau, comme d'autres, par exemple la sauce chasseur).

Quand vous commandez un ravier de frites en Belgique, c'est donc un festival de saveurs qui s'offre à vous, par l'intermédiaire de toutes ces sauces!

Toujours dans cette culture de sauces, il y a aussi une habitude de consommer des "salades"(pas aussi diététiques que les salades classiques). Voici par exemple, dans le rayon charcuterie d'un Colruyt (autre spécifité belge, du hard discount style Aldi ou Lidl), l'espace réservé à ces petites barquettes.

Vous pouvez ainsi acheter une salade de thon mayonnaise, de thon piquant, de poulet hawaï, de poulet cocktail, de poulet curry, etc. Très simplement, il s'agit donc de thon ou de poulet avec une sauce. C'est tout!

"Et... c'est pour tremper les frites?"

Pas exactement... c'est pour étaler sur tes tartines! La preuve en images :



Aan tafel!

C'est ainsi que dans toute sandwicherie en Belgique, en plus des classiques comme le club (appelé Dagobert), le jambon-beurre ou le jambon-fromage, vous trouverez toutes ces salades (que la sandwichière se fera un plaisir d'étaler sur votre baguette d'un geste expert, telle un maçon égalisant un ciment goûtu avec sa truelle).

Voilà pour cette spécifité culinaire belge! La prochaine fois que vous commandez des frites ou un sandwich en Belgique, ouvrez l'oeil, vous verrez.

Est-ce diététique? Hé bien... poser la question, c'est y répondre! Mais comme toujours, c'est souvent ce qui est le plus gras qui est le meilleur:)

Il faudra une fois que je vous raconte le Dagburger du P'tit Gourmand... les Namurois savent de quoi je parle!

Pour ceux qui voudraient approfondir la question de la goûteuse malbouffe belge, je vous conseille :
- Dikkenek, avec ce magnifique passage où Claudy Faucon, en direct des abattoirs d'Anderlecht, nous explique comment est faite une fricandelle ;
- le site de Devos-Lemmens, entreprise belge de sauces et condiments, sur lequel vous pourrez baver devant tous ces pots de sauce (ou pas).

Attention à votre ligne, tout de même.